Cahier n° 5
Muscle Shoals

Capitale secrète du rock et de la soul

par Sebastian Danchin
illustration de Phil Donny

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Revue de presse -Dédicaces - Livre d'Or

Au cœur des années soixante, la minuscule agglomération semi-rurale de Muscle Shoals devient l’une des grandes capitales musicales de la planète, capable de rivaliser par son impact et son rayonnement avec New York, Londres et Los Angeles en donnant naissance à ce qu’il est désormais convenu d’appeler le Muscle Shoals sound. S’y croisent notamment les Rolling Stones, Paul Simon, Aretha Franklin, Wilson Pickett, Rod Stewart, Cher, Bobby Bland, Boz Scaggs, Art Garfunkel, Etta James ou Little Milton, pour ne citer que la pointe de l’iceberg. Si les univers musicaux de Memphis, Detroit, Nashville ou La Nouvelle-Orléans ont fait l’objet de nombreuses publications, Muscle Shoals reste à ce jour une entité floue, un nom à l’exotisme abstrait tout juste évocateur d’enregistrements mythiques. Avant de gagner sa place au soleil, les Shoals, terre du Vieux Sud pétrie d’évangélisme, ont traversé bien des épreuves. Du premier studio improvisé à la poignée de survivants, à l’ère des ProTools, les épreuves et les tribulations christiques de ce coin perdu du Bible Belt méritaient d’être contées, dans leur pleine dimension historique et sociale. Car cette ascension spectaculaire n’est pas seulement une belle fable musicale ; elle permet aussi de voir comment le sens de l’entreprise propre à l’Amérique triomphante de l’après-guerre est venu affecter les régions les plus reculées d’un Sud décidé à sortir de l’ombre, un siècle après sa défaite. En remontant le fil de l’histoire, en suivant le parcours humain de ses principaux acteurs et en détaillant l’abondance de sa moisson artistique, Sebastian Danchin rompt avec le secret afin que Muscle Shoals trouve enfin sa place sur la grande scène de la soul et du rock.

Docteur ès lettres, Sebastian Danchin est historien et musicien, spécialiste des musiques noires et de l’Amérique. Il travaille aussi bien pour le cinéma (la série The Blues de Martin Scorsese) que pour la radio ou le disque. Il a publié plusieurs biographies de référence (B.B. King, Elvis Presley et Aretha Franklin), ainsi que Memphis Blues (avec J.J. Milteau, dont il est le producteur) et L’Encyclopédie du rhythm and blues et de la soul.

240 pages - paru le 8 mars 2007

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Le Mot de l'Auteur

"Machin Chose, tu as écrit un bouquin sur Machin Chose ? Non, pas exactement, mais il est vrai que Muscle Shoals tient largement du Machin Chose. À bien y réfléchir, je ne vois d’ailleurs que deux raisons de frapper à la porte de ce lieu perdu aux confins de l’Alabama et du Tennessee : voir le Wilson Dam, un barrage impressionnant qui a permis entre les deux guerres d’apporter les bienfaits de la civilisation à cette région du Vieux Sud oubliée des dieux, et visiter le studio d’enregistrement qui fait rêver tous les amateurs de soul et de rock depuis une poignée de décennies…
A priori, le périple s’annonce éclair. Mais si le barrage n’est jamais qu’un barrage, la visite du studio s’avère infiniment plus longue. D’abord parce que Muscle Shoals n’est que la partie émergée d’une agglomération qui compte trois autres communes d’importance égale ; un peu comme si on découvrait Rome, Londres et Berlin en allant voir Paris. Ensuite parce que le fameux studio est un mythe protéiforme, dispersé dans sa géographie et parfaitement disparate dans sa réalité ; en tout, ce sont près d’une vingtaine de studios dont on découvre la réalité ou les vestiges, sous la forme d’un hangar abandonné ici, là d’un terrain vague qui a été une pharmacie, plus loin d’une entreprise de pompes funèbres au look peu musical dont les murs résonnent pourtant du Brown Sugar des Stones.
Bref, si ce n’est ceux qui prennent Le Pirée pour un homme, tout le monde connaît Muscle Shoals, mais rares sont ceux qui savent vraiment de quoi il s’agit et personne n’avait jamais pris le temps d’éclairer leur lanterne. J’ai donc décidé de rédiger ce livre avec l’intention de faire parler tous les murs de l’agglomération des Shoals qui ont vibré des voix de Joe Simon et Paul Simon, Percy Sledge et Jimmy Cliff, Bob Dylan et Otis Redding, parmi une infinité d’autres.
Comme toujours en Amérique, le pittoresque, l’anecdotique et le dérisoire côtoient en permanence le grandiose, et c’est bien ce qui fait la richesse d’une histoire s’étendant sur plus d’un demi-siècle, depuis l’époque où l’Amérique était une nation émergente jusqu’au crépuscule actuel de sa domination culturelle. Je ne vais pas vous dire ici pourquoi et comment un tel trou-du-cul-du-monde a pu trouver une place aussi démesurée dans la fresque planétaire des musiques populaires, le livre est là pour ça, mais je peux vous assurer qu’après avoir lu ce chapitre inédit de l’histoire du rock, vous ne confondrez plus jamais Muscle Shoals avec Machin Chose.
"

Sebastian Danchin


Sommaire de "Muscle Shoals"


Introduction

Chapitre I - La genèse d'un rêve

Elec-tri-cities
Terre de blues
Premier studio
L'étoile filante du sénateur Denton
L'art de ne rien faire

Chapitre II - Eclosion de la country-soul

Le parcours d'un intouchable
Un rêve de papier
Les débuts d'un groom
Le sens du vent
L'alliance des amateurs de pastèque
Le nouveau Fame
Atlanta sur Shoals
Le gospel au secours de l'adultère
Cow-boy noir et country-soul
La deuxième rythmique

Chapitre III - Muscle Shoals sur la carte du monde

La carte de visite des Shoals
Atlantic sud
Papa Don et oncle Jerry
Collusion et collision
Le son de Muscle Shoals
La diva en fourrure

Chapitre IV - L'ère industrielle

Les boots d'Ahmet Ertegun
Rolling Shoals
La mauvaise pomme des frères mormons
Widget, Wishbone, Music Mill et les autres
Accroche et bébé conservateur
Le palais de toile de jute
Sweet Home Alabama
MSS bis
La capitale mondiale des hits
Mutation

Epilogue
Références bibliographiques
Sites Internet
Best-sellers enregistrés à Muscle Shoals
Ils ont enregistré à Muscle Shoals

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Lire un extrait de "Muscle Shoals"

 

Introduction

      Le pouls obsédant de la basse, le martèlement d’une cymbale cristalline, un orgue glissant insensiblement d’accord en accord, une voix passionnée qui s’élève et se perd dans l’éther de nos émotions, la montée progressive des chœurs et l’arrivée triomphante des trompettes dans un finale à faire tomber les murailles de Jéricho…
Tout semble indiquer l’atmosphère caractéristique du gospel, mais les indices sont trompeurs et l’arrivée des premières paroles, soulignées par un roulement de caisse claire, prive brutalement le cantique de toute prétention spirituelle :

When a man loves a woman
Can’t keep his mind on nothing else
He’d change the world
For the good thing he’s found

Quand un homme aime une femme
Il ne peux fixer son esprit sur rien d’autre
Il échangerait le monde
Contre la belle chose qu’il a trouvée

      L’ambiguïté de cet hymne à l’amour ne s’arrête pas là. Si la voix est indéniablement noire, la solennité de l’orchestre est plus volontiers évocatrice de l’ambiance feutrée, entre folk et country, que l’on rencontre dans les petites églises du prolétariat sudiste blanc, à des années-lumière de l’exubérance débridée caractéristique des offices religieux de la communauté afro-américaine.

      Voix noire et musique blanche, gospel et ballade amoureuse.
      Cette double confusion des genres aurait dû faire froncer les sourcils d’une Amérique en crise avec sa première minorité, mais c’est tout l’inverse qui se produit lorsque When a Man Loves a Woman sort dans les bacs au début de l’année 1966. À l’heure où le pasteur Martin Luther King peine à vaincre la ségrégation en s’embourbant dans les ghettos d’une société à deux vitesses, le succès planétaire inattendu de ce slow dévastateur fait croire au reste du monde que le rêve américain d’une société égalitaire et pluriculturelle n’est pas nécessairement illusoire.

      En Allemagne, en Angleterre, en France comme au Japon, Percy Sledge et ses accompagnateurs blancs emportent dans la chaleur moite de leur chanson des millions de couples étroitement serrés. Cette étreinte est plus spectaculaire encore aux États-Unis où elle prend la couleur de la mixité raciale : récompensé par une première place dans les charts noirs le 7 mai 1966, Sledge voit son nom s’installer deux semaines d’affilée tout en haut du Hot 100, le hit-parade généraliste d’une Amérique blanche à 90%.

      Depuis que le 45 tours est devenu un produit de consommation de masse au milieu de la décennie précédente, ce n’est pas la première fois qu’un Afro-Américain signe un tel exploit. Avant Sledge, une trentaine d’artistes noirs ont déjà accédé à la place d’honneur du Hot 100 grâce à ce que la profession appelle couramment un succès crossover ; c’est notamment le cas des Platters, de Sam Cooke, de Gene Chandler, de Stevie Wonder ou encore des Supremes, mais jamais cette transgression des frontières culturelles qui séparent traditionnellement la musique populaire des Blancs de la chanson noire ne s’est faite dans une véritable communion des genres.

      Ray Charles a bien interprété le standard de country I Can’t Stop Loving You et Louis Armstrong emprunté à Broadway Hello Dolly!, mais le melting pot proposé par When a Man Loves a Woman est d’une nature autrement plus intime. Dix ans après que les premiers best-sellers d’Elvis Presley ont souligné l’identité de destin des poor whites sudistes et des descendants des esclaves, les uns et les autres écrivent enfin un chapitre de leur histoire commune sur une base parfaitement égalitaire ; en créant ensemble When a Man Loves a Woman, les héritiers de Jimmie Rodgers et ceux de Charley Patton rejettent une malédiction vieille d’un siècle et s’affranchissent des barrières érigées artificiellement entre eux, au lendemain de la guerre de Sécession, par une aristocratie sudiste aigrie dans la défaite d’Appomatox.

      La formule pourrait sembler sentencieuse si elle n’était l’expression d’une réalité incontournable, celle d’un Sud nouveau qui a choisi la musique de son prolétariat pour exorciser ses démons. Paradoxalement, cette révolution des mentalités a vu le jour loin des grands centres de la musique sudiste, au cœur d’une région oubliée de ce qui reste peut-être, au plus fort de la lutte pour les Droits Civiques des Noirs, l’État le plus rétrograde de l’Union : l’Alabama.

      La logique aurait sans doute voulu que le best-seller de Percy Sledge fût enregistré à Memphis, la capitale du Mid-South où Stax Records a déjà montré l’exemple. Depuis le début des années 1960, le quartette en noir et blanc de Booker T. & the MG’s s’emploie à la déségrégation de l’univers du disque, sous son nom comme dans l’ombre d’Otis Redding, de William Bell ou de Rufus Thomas ; mais en dépit de son antériorité, Stax n’a pas encore produit de succès comparable à celui de When a Man Loves a Woman — ce qui ne l’empêchera pas de se rattraper par la suite.

      Autre grand pôle d’attraction culturel de la région, Nashville abrite également une scène musicale afro-américaine extrêmement active, mais le rhythm & blues local a toujours été contraint de jouer les seconds rôles dans l’ombre de la musique country. Popularisé par l’émission de radio fétiche du genre, le Grand Ole Opry, le style hillbilly des petits blancs de l’Old South a donné naissance depuis la guerre à une industrie florissante, et Music City a pris le pas sur l’Athènes du Sud — le surnom pompeux donné autrefois par ses élites bourgeoises. Mais l’apartheid sudiste a empêché Nashville de faire la somme de ses talents au sein d’un même creuset, laissant le champ libre à un outsider : sans doute parce que le hasard a voulu qu’un meilleur équilibre se fasse entre ses musiciens blancs et ses chanteurs noirs, Muscle Shoals va réussir à s’imposer là où personne ne l’attendait.

      En l’espace de quelques saisons, cette minuscule agglomération semi-rurale devient l’une des grandes capitales musicales de la planète, capable de rivaliser par son impact et son rayonnement avec New York, Londres et Los Angeles en donnant naissance à ce qu’il est désormais convenu d’appeler le Muscle Shoals sound.

      La formule peut prêter à sourire, y compris chez les artisans du genre qui ne sont pas les derniers à s’en amuser : « La notion même de Muscle Shoals sound nous a toujours fait rire. C’est comme si on parlait du son de Trifouillis-les-Oies. Personne n’était fichu de situer Muscle Shoals sur une carte, alors le son de Muscle Shoals… Mais après tout, pourquoi pas ? On parlait bien du son de Memphis et du son Motown, alors pourquoi pas Muscle Shoals ? », explique Jimmy Johnson.

      Jimmy qui ?!!
      Johnson. Un nom à peu près aussi parlant que Martin ou Dubois. Ceux qui étudient à la loupe les notes de pochettes des vieux 33 tours savent pourtant que Jimmy Johnson n’est pas un anonyme ; il figure même en bonne place dans le panthéon du rock, de la country et de la soul, au regard de ses collaborations avec les Rolling Stones, Paul Simon, Aretha Franklin, Wilson Pickett, Rod Stewart, Cher, Bobby Bland, Boz Scaggs, Art Garfunkel, Etta James ou Little Milton, pour ne voir que la pointe de l’iceberg.

      Johnson n’est d’ailleurs que l’une des pièces d’un puzzle complexe et parfaitement méconnu. Les univers musicaux de Memphis, Detroit, Nashville ou La Nouvelle-Orléans ont fait l’objet de nombreuses publications, mais Muscle Shoals reste à ce jour une entité floue, un nom à l’exotisme abstrait tout juste évocateur d’enregistrements mythiques. Avant de gagner sa place au soleil, les Shoals ont traversé bien des épreuves et connu leur lot de vicissitudes ; personne ne s’en étonnera dans cette terre du Vieux Sud pétrie d’évangélisme qui se refuse à valider le succès, sinon lorsqu’il naît dans la sueur et les larmes.

      Du premier studio improvisé avec des boîtes à œufs à la poignée de ceux qui survivent dans l’ère des ProTools et de GarageBand, les épreuves et les tribulations christiques de ce coin perdu du Bible Belt méritaient d’être contées, dans leur pleine dimension historique et sociale. Car cette ascension spectaculaire n’est pas seulement une belle fable musicale ; elle permet aussi de voir comment le sens de l’entreprise propre à l’Amérique triomphante de l’après-guerre est venu affecter les régions les plus reculées d’un Sud décidé à sortir de l’ombre, un siècle après sa défaite.

      En remontant le fil de l’histoire, en suivant le parcours humain de ses principaux acteurs et en détaillant l’abondance de sa moisson artistique, cette étude entend rompre avec le secret afin que Muscle Shoals trouve enfin sa place sur la grande scène de la soul et du rock.

© 2007, Autour du livre.

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Tirage "collector" de "Muscle Shoals"

Vous pouvez commander un des 100 exemplaires du tirage "collector", c'est à dire un exemplaire en tirage limité (100 ex.), numéroté, personnalisé (à votre nom), signé par l'auteur et accompagné d'un ex-libris offert.

L'ex-libris de "Muscle Shoals" est un CD contenant 6 morceaux enregistrés dans les studios Fame de Muscle Shoals et publiés chez Muscle Shoals Records (voir détails et extraits en écoute ci-dessous).

Russel Smith
Don't go to strangers
The road

Visitez les sites de Fame et de Muscle Shoals Records
James LeBlanc
Where You Are
Modern Day Bonnie & Clyde

The Decoys

Neighbor, Neighbor
Down in Texas

 

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Muscle Shoals
TIRAGE NORMAL (disponible, 15 €)




Tirage de tête
TIRAGE DE TÊTE - 100 ex., signé, numéroté, + ex-libris (dispo., 20 €)



240 pages - Paru le 8 mars 2007

15                        ISBN: 978-2916560-052

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Revue de presse
de "Muscle Shoals"

m-la-music.net  Jazzman   

      
 


                 
  Décibels / Jeanne-Martine VACHER : émission du 17 novembre 2007

 Ecouter

Visiter la page relative à l'émission du 17 novembre 2007
(Décibels spécial Blues)


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(n°187 - juin 2007)

MUSCLE SHOALS, CAPITALE SECRETE DE ROCK ET DE LA SOUL
Par Sebastian Danchin
Les Cahiers du Rock, Ed. Autour du Livre, Boulogne, 2007. 240 pages. 15 €. ISBN 978-2-916560-052 (www.adlivre.com)

     On comprend aisément, ne serait-ce que pour des raisons démographiques, que des métropoles comme New York, Chicago ou Los Angeles soient vite devenues des centres discographiques actifs. D'autres villes, plus ou moins importantes, mais musicalement influentes, ne pouvaient pas rester longtemps sans s'équiper de studios, ce fut le cas de La Nouvelle-Orléans, Memphis, Detroit ou Nashville. En revanche, absolument rien ne prédestinait Muscle Shoals (prononcez "meuseule chaulce") à devenir un pôle d'attraction musical. Pourtant si des artistes aussi mondialement connus qu'Aretha Franklin, Wilson Pickett, Joe Cocker, Paul McCartney, les Rolling Stones, Paul Simon, Rod Stewart ou... Eddy Mitchell ont fait le déplacement jusqu'à ce trou perdu d'Alabama, ce n'est certainement pas sans raison.
     Pour les connaître, il suffit de suivre le guide, Sébastien Danchin. Il se livre là à un exercice bien différent de celui de ses biographies (Aretha, Elvis, B.B. et son Encyclopédie de la soul et du r&b) ou même de son étude, avec J.-J. Milteau, sur Memphis, une ville déjà bien documentée. Pour Muscle Shoals, il a dû réunir des informations très éparses, collecter les témoignages existants, en susciter d'autres (Jimmy Johnson, Roger Hawkins, Buddy Killen, Tommy Couch ... ) pour nourrir cet essai passionnant.
     C'est en le lisant qu'on apprendra comment Rick Hall a pu développer sa société d'éditions et son studio et comment il a su créer ce fameux Muscle Shoals sound - Un son qui doit son succès à l'étrange alchimie qui s'opéra, au début des années 1960, entre l'accompagnement instrumental de bons rednecks et les voix noires d'Arthur Alexander, Jimmy Hughes, Wilson Pickett, Clarence Carter, etc. Comment aussi, par émulation et par scissiparité, la petite bourgade de 10 000 âmes compta jusqu'à neuf studios.
     Puisqu'il est exhaustif, l'ouvrage traite de tous les genres musicaux qui furent à l'honneur à Muscle Shoals, mais la soul reste bien entendu le « coeur de cible », et devrait donc intéresser au premier chef les lecteurs de Soul Bag.
     Outre le texte, remarquable dans le fond comme dans la forme, l'ouvrage présente quelques photos peu connues (Otis Redding avec Jimmy Johnson) et inclut la liste des artistes et des succès enregistrés à Muscle Shoals. Un index aurait été bienvenu et une présentation typographique moins « spartiate » aurait valorisé ce livre chaudement recommandé.

JACQUES PÉRIN

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(n°52 - juin 2007)


Alabama Songs
Sebastian Danchin se charge ici, c'est une première, d'éclairer les origines et l'évolution du "son" Muscle Shoals, qui régna sans partage sur lea dcennie 1965-1975. On y apprend comment une petite bourgade de l'Alabama devient la Mecque de la soul sous l'impulsion de quelques entrepreneur aussi indépendants que géniaux, et d'une poignée de musiciens particulièrement inventifs. Remarquable.

MR

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(n°22 - mai/juin 2007)

Spécialiste des musiques du sud des Etats-Unis (on lui doit des ouvrages sur Elvis, B.B. King, Memphis et la Louisiane), Sebastian Danchin nous raconte comment un obscur patelin de 10 000 habitants d'un coin perdu de la "Bible Belt" en Alabama, est devenu à la fin des années 60 un des "Mecque" de la musique populaire américaine. Situé entre Nashville, capitale de la musique country, et memphis, important pôle du blues, Muscle Shoals a su combiner ces deux apports en lui ajoutant une louche de gospel, ouvrant à sa façon la voie à l'affranchissement des clivages culturels et raciaux qui régnaient alors sur le vieux sud. le meilleur exemple de ce mélange est sans doute le fameux "When a man loves a woman" de Wilson Pickett, "voix noire et musique blanche, gospel et ballade amoureuse" écrit Danchin au sujet d'une chansonqui devait définitivement imposer le "Muscle Shoals Sound" et attirer des artistes comme Aretha Franklin, les Stones, Little Richard, Otis redding, ou Paul Simon qui sont tous venus là enregistrer. A son zénith, vers 1975, la ville compta jusqu'à huit studios et sa fameuse setion rythmique composée du guitariste Jimmy Johnson, du batteur Roger Hawkins, du bassiste David Hood et du pianiste Barry Beckett (tous blancs) est responsable du son de nombreux classiques tels "Respect" d'Aretha Franklin, "Mustang Sally" de Wilson Pickett, "Kodachrome" et "Loves me Like a rock" de Paul Simon ou encore "I'll Take You There" des Staple Singers. Aujourd'hui, la plupart des musiciens ont déserté la petite ville quelque peu "muséifiée" et oubliée à laquelle cet ouvrage rend enfin justice.

J-P. B.

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                 Ecouter   19 mai (1)   19 mai (2)   20 mai (1)   20 mai (2)
(L'Odyssée du Rock - samedi 19 et dimanche 20 mai 2007)

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(n°54 - mai 2007)

Sebastian Danchin
Muscle Shoals, capitale secrète du rock et de la soul

Les cahiers du rock, 15 €, 240 pages

Cinquième titre à sortir dans cette collection créée par Hugues Barrière, ex-collaborateur de cette revue que vous tenez entre les mains et qui a pour but de présenter sous un angle différent de ce qui se pratique d'habitude dans le genre, musiciens, courants musicaux ou, comme c'est le cas pour cet ouvrage écrit par Sebastian Danchin, l'histoire d'un son bien spécifique, né dans le Sud profond des Etats-Unis au siècle dernier, celui de Muscle Shoals.
Danchin, à qui l'on doit entre autres des biographies sur Presley, B.B. King ou Aretha Franklin, est un vrai spécialiste de ces musiques noires et sa parfaite connaissance de l'histoire des Etats-Unis en font un auteur de références (il a écrit égalemnt l'Encyclopédie du Rhythm & Blues et de la Soul). Enrichissant son récit d'articles d'époque servant à une meilleure compréhension de la situation sociale, économique et politique de cet ancien territoire amérindien (au hasard, l'un concernant la vente à bas prix de terres cultivables, permettant aux ouvriers travaillant sur des chaines de montage d'améliorer leur ordinaire, paru dans le New York Times de janvier 1922), d'entretiens qui'il a réalisés avec les protagonistes de cette aventure, Sebastian Danchin éclaire, de façon captivante, l'histoire de cette griffe musicale née dans un trou semi-rural (alors ultra-ségrégationniste) situé aux confins du Tennessee et du Mississippi qui aura su marier voix noires et musique blanche. Créé par des visionnaires, le son de Muscle Shoals aura certainement contribué, à sa façon, à ce rapprochement entre les communautés blanches et noires. Et cette "vision" de la musique aura conduit pléthores de musiciens (Allman Brothers, Bob Dylan, Tony Joe White, Canned Heat, J.J. Cale, les Stones, Bob Seger and many more...) voulant enrober leurs compositions de cette sonorité unique, à venir enregistrer dans cette région aujourd'hui devenue mythique, mais dont l'histoire faillit bien s'arrêter dans les années 80 avec l'arrivée du disco. Cette ballade dans les Shoals en compagnie de Jimmy Johnson, Rick Hall ou Tom Stafford (principaux acteurs de cette épopée) est passionnante.

Jean-Do Bernard

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(mai 2007)

Sebastian Danchin
Muscle Shoals, capitale secrète du rock et de la soul

Autour du livre / www.adlivre.com

Par on ne sait quel mystère, il n’existe encore aucun livre anglo-saxon digne de ce nom narrant l’épopée musicale fabuleuse que connut Muscle Shoals, une petite ville rurale du Nord-Ouest de l’Alabama. Ecrit de manière limpide et servi par une acuité historique louable, cet ouvrage signé Sebastian Danchin constitue donc un événement notable pour les passionnés de musique du Sud des Etats-Unis. Il évoque l’histoire et les acteurs essentiels de cette aventure unique en son genre. Du studio Fame de Rick Hall jusqu’au Muscle Shoals Sound formé par les anciens musiciens de Fame en passant par le studio de Quinvy ou Spar, tous les lieux historiques sont ici passés au crible. Arthur Alexander, Jimmy Hughes, Wilson Pickett, Clarence Carter ou Candi Staton sont les héros de ces pages qui se lisent d’une seule traite. Seul bémol, l’absence notable de paragraphe dédié à Eddie Hinton, héros méconnu de Muscle Shoals, qui jeta des ponts entre rock et soul à la croisée des années 1960 et 1970.

Florent Mazzoleni

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(avril 2007)

Muscle Shoals, capitale secrète du rock et de la soul
Les Cahiers du rock / Ed. Autour du livre
Sebastian Danchin

C’est dans la collection des cahiers du rock, éditée par Autour du livre qu’est publié ce nouvel essai de notre confrère Sébastian Danchin. Cette petite maison d’édition dirigée par Hugues Barrière (chroniqueur pour Compact-Crossroads) dispose d’un catalogue intéressant et varié. Docteur es lettres, historien, musicien, producteur, spécialiste des musiques noires et de l’Amérique, Sébastian Danchin est déjà l’auteur de plusieurs ouvrages de référence : Encyclopédie du Rhythm and Blues et de la Soul – Memphis Blues – Les couleurs du Blues – Louisiane, musique cajun, Zydeco & Blues mais aussi de plusieurs biographies (BB King - Elvis Presley - Aretha Franklin).

[...] Danchin nous propose un livre bourré d’anecdotes, chronologiquement et parfaitement mis en place, vivant, à tel point qu’il donne envie de réécouter d’anciens hits. A signaler la liste des gens qui ont enregistré à Muscle Shoals (il y a des surprises) et aussi de tous les best-sellers. Un livre qui se dévore littéralement et qui n’aura plus de secrets sur la musique locale, hormis le titre.

Le Kingbee

Lire l'article dans son intégralité

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(avril 2007)

Sebastian Danchin
Muscle Shoals, capitale secrète du rock et de la soul
Les Cahiers du rock

Minuscule bourgade rurale de l'Alabama, Muscle Shoals s'est transformé en un laps de temps étonnamment court en un centre international de l'industrie discographique. Dès le milieu des sixties etpendant près de vingt ans, son nom est associé à un son bien particulier où fusionnent les influences blanches et noires, country, blues et soul. Des Rolling Stones à Aretha Franklin en passant par Rod Stewart ou Etta James, toutes les grosse spointures internationales viennent pour tenter d'y puiser quelques gouttes de cette authenticité renommée et d'un savoir-faire local en matière d'enregistrement de plus en plus prisé. Avec tout le sérieux et la rigueur qu'impose une démarche d'historien, Sebastian Danchin retrace les tenants et les aboutissants de cette aventure, cherchant à maintenir un équilibre fragile entre l'évocation précise du contexte économique, socal ou même géographique et le récit plus anecdotique mais sans doute plus gouleyant de certaines sessions d'enregistrement mouvementées. Au-delà de l'écume du récit, on voit se dessiner l'histoire d'un mouvement inéluctable d'industrialisation et de commercialisation de cette musique autrefois originale. Une histoire qui commence avec Wilson Pickett et s'achève en compagnie d'Eddy Mitchell. Tout est dit.

Matthieu Grunfeld

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(avril 2007)

Sebastian Danchin
Muscle Shoals, capitale secrète du rock et de la soul
Cahiers du rock, 240 pages, 15 €

Otis Redding, Arthur Conley, Wilson Pickett, Bobby Womack et les Rolling Stones, Rod Stewart et Bob Dylan ont tous un point commun : celui d'être passés par une petite bourgade de l'Amérique profonde : Muscle Shoals. Sebastian Danchin, spécialiste hexagonal de la soul music, nous emmène dans les fascinantes coulisses d'une série d'enregistrements mythiques ("Brown Sugar", ça vous dit quelque chose ?). Danchin dépeint une Amérique rurale et sudiste, la passionnante terre natale du blues qui a su dépasser les barrières de la ségrégation raciale grâce à quelques accords. On découvre également des personnages méconnus mais néanmoins vitaux, tels "le requin de studio" Rick Hall et Jerry Wexler, directeur artistique d'Atlantic records, dont le caractère tempétueux donne vie à cette épopée musicale et, avant tout, humaine. Muscle Shoals se dévore comme un bon roman épique. Ou quand la petite histoire rejoint la grande.

Jean-Emmanuel Dubois

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(avril 2007)

GOOD BOOKS
La ville studio

Comment la petite ville rurale de Muscle Shoals, née sur la terre des Cherokees dans l'Alabama, est-elle devenue l'une des capitales mondiales de la musique, qui a accueilli dans ses légendaires studios les Rolling Stones, Wilson Pickett, Etta James, Aretha Franklin ou Little Milton ? Dans un ouvrage érudit et passionnant, l'historien et musicologue Sebastian Danchin, déjà auteur d'une indispensable Encyclopédie du Rhytm & Blues et de la Soul (Fayard) nous raconte, étape par étape, l'ascension chaotique de Muscle Shoals, devenue, depuis l'apparition de la première figure de la région, W.C. Handy, surnommé "le père du blues", la capitale secrète du rock et de la soul.

Laure Albernhe

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(mars 2007)

Dans le genre "capitale secrète" on fait difficilement mieux que cette agglomération semi-rurale de l'Alabama. Seuls les vrais passionnés connaissent le nom de Muscle Shoals, dans le comté de Florence. Pourtant des gens aussi célèbres que les Rolling Stones, Paul Simon, Aretha Franklin, Wilson Pickett, Little Richard, Otis Redding ou Etta James y ont enregistré. Visite guidée avec Sebastian Danchin.

Si New York, Los Angeles, Memphis, Nashville, Detroit et La Nouvelle Orléans, et plus récemment Seattle sont les noms de localités qui viennent immédiatement en tête quand on évoque les hauts lieux de la musique étatsunienne, Muscle Shoals, qui commenca à être un centre actif dans les années 60 est aussi de ceux qui comptent. Docteur ès-lettres et spécialiste de l'Amérique et des musiques Noires, Sebastian Danchin, auteur de biographies (B.B. King, Elvis Presley et Aretha Franklin), de "Memphis Blues" (avec J.J. Milteau, dont il est le producteur) et de "L'Encyclopédie du rhythm and blues et de la soul" nous emmène dans les Shoals, terre du Vieux Sud pétrie d'évangélisme (la fameuse "Bible Belt"), du premier studio improvisé à la poignée de survivants, jusqu'à l'ère de ProTools, où ces studios sont encore actifs. En remontant le fil de l'histoire, en suivant le parcours humain de ses principaux acteurs et en détaillant l'abondance de sa moisson artistique, Sebastian Danchin rompt avec le secret afin que Muscle Shoals trouve enfin sa place sur la grande scène de la soul et du rock.

Muscle Shoals reste à ce jour une entité floue, tout comme le son, "difficilement définissable" écrit Danchin : "entre rhythm and blues et country, variété et rock'n'roll". Se rémémorant ses premières sessions à Muscle Shoals parce qu'il était lassé des arrangeurs et des musiciens des studios du nord, Jerry Wexler, qui a largement contribué à forger le son du label Atlantic a dit : "j'ai tout de suite été emballé par la manière dont ils travaillaient dans le sud. Il suffisait d'y travailler une fois pour devenir accro". Le grand homme qui a fait de ce coin de l'Alabama une Mecque du rock et de la soul est Rick Hall, que Wexler appelle le "Berry Gordy de Muscle Shoals". Danchin nous décrit sa façon de travailler, et ses manières sont parfois dictatoriales. Ainsi, quand un instrumentiste est en session, les autres attendent patiemment à proximité pour remplacer ce dernier au pied levé s'il faiblit. Au contraire des studios syndiqués où tout dépassement horaire est tarifé, l'ambiance est informelle à Muscle Shoals : on ne sort du studio qu'"une fois l'enregistrement achevé à la satisfaction de tous". Il faut aussi imaginer l'étonnement des artistes qui viennent enregistrer là quand ils découvrent un groupe... d'accompagnateurs blancs !

C'est qu'au delà de l'ascension artistique spectaculaire d'une poignée de passionnés de musique, Muscle Shoals permet aussi de voir comment le sens de l'entreprise propre à l'Amérique triomphante de l'après-guerre est venu affecter les régions les plus reculées d'un Sud décidé à sortir de l'ombre, un siècle après sa défaite. Et sans le savoir, vous connaissiez déjà le Muscle Shoals Sound : "When a man loves a woman", hit planétaire de Percy Sledge, y a tout bonnement été fixé sur bande pour l'eternité. Allelujah.

JM Grosdemouge

"Muscle Shoals, capitale secrète du rock et de la soul", 240 pages, 15 euros.

En complément, retrouvez un article sur le Muscle Shoals Sound sur le site de la NPR : http://www.npr.org/templates/story/story.php ?storyId=1437161

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Dédicaces par l'auteur


Sebastian DANCHIN dédicacera son nouveau livre "Muscle Shoals, capitale secrète du rock et de la soul" au salon du livre de Paris le vendredi 23 mars 2007 à 15h00 (Pte de Versailles, stand F190/H191). Il sera également présent le même jour à 17h00 sur le stand VIRGIN pour une table-ronde consacrée à Elvis Presley : "Elvis, Trop de plaisir tue le plaisir".

 

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